-Pas compliqué, répondit-elle, j'enregistre quand ce n'est pas mauvais, je mets sur CD, et je cherche des paroles sur le net...
-Vous êtes con ou quoi ? S'exclama Lucie, Non il faut que les paroles viennent de vous, s'il le faut je m'en occupe, et c'est simple de faire un truc à 4 pour un texte...
-Non pas 4, tu ne sais pas compter. 5, dit avec douceur Matthias.
-Ah euh ouais..., rougit-elle en bafouillant, enfin bref passons.
-Elle rougit ! Elle rougit ! Taquina Sélène, la menteuse elle est Amou...
-Toi tu te tais ! Occupe-toi de Johan et chut !
Ils éclatèrent de rire et oublièrent la boutade de Sélène. Par contre, Matthias regardait Lucie avec plus d'avidité, se demandant bien pourquoi Sélène avait claironné cette remarque plutôt gênante. La sonnerie annonçant que les cours reprenaient retentit, et tous se levèrent en grognant un peu. L'après midi se passa comme tous les après midi, les cours endormant, les sonneries réveillant, et les cours ré-endormant. En fin de journée, à 5 minutes de l'heure de la sortie, les sacs se remplissaient, les têtes se redressaient, les pieds trépignaient et les montres étaient consultées.
5h, enfin l'heure de la délivrance pour les habituels cancres, pour les têtes d'ampoules, cela voulait juste dire encore deux heures de labeur à domicile !
Johan, Sélène et Enzo étaient déjà partis, et Lucie se trouvait devant le lycée, complètement perdue et tournant dans le coin pour tenter de retrouver son chemin. Elle était tellement plongée dans ses pensées, que lorsque Matthias s'approcha d'elle, elle ne l'entendit pas. D'où sa réaction quand celui-ci lui mit la main sur l'épaule, elle hurla :
-Oh putain... Excuse... Mais arriver comme ça derrière les gens sans faire de bruit ça fout les jetons !
-Je suis désolé, mais c'est une impression, ou tu es paumée ?
-Tu as raison, admit-elle avec un sourire, mais bon je ne suis pas obligée de rentrer tous de suite ce n'est pas grave.
-Bah dans ce cas, viens avec moi au local, et je te raccompagne chez toi, proposa Matthias
-Avec plaisir ! Répondit-elle avec entrain
Ce qu'appelait Matthias « le local », est en fait le lieu où les répétitions se faisaient. D'habitude, ils prenaient le bus, mais Matthias voulu montrer à Lucie une ou deux choses dans la ville. Enfin ils arrivèrent devant un bâtiment d'aspect assez miteux .Matthias poussa fortement la porte, qui s'ouvrit avec un grincement guttural. La salle étant plongée dans le noir, et savant que Lucie n'était pas encore habituée à ce bâtiment, il la prit par la main et se dirigea vers l'interrupteur général. Enfin la lumière jaillit du vieux plafonnier, mais il ne lâcha pas pour autant la main de la jeune fille. Celle-ci était impressionnée par la grandeur de la salle, et par la présence des nombreux instruments :
-C'est incroyable... Bonjour le matos que vous avez, dit-elle en dégageant sa main, gênée.
-Oui, admit-il en regrettant son geste, et l'ordinateur possède de bons logiciels, de très bons même.
-Euh... Ouais sans doute, mais sans vouloir te vexer ce n'est pas le PC qui m'intéresse, dit-elle avec un sourire.
-Ouais tu as raison, c'est plus le domaine de Sélène ça. Ca te tenterais d'essayer tes « futurs » instruments ?
-Un jour tu vas te prendre une baffe tu va rien comprendre, fit semblant de s'énerver Lucie
-Mais avec plaisir...
Lucie se mit à rire, un son qui semblait comme roucouler dans sa gorge, un son qui semblait merveilleux pour Matthias. Elle se mit tout de même en place devant un piano noir, et entama une mélodie qui toucha beaucoup Matthias :
-Ce n'est pas d'Evanescence ?demanda le jeune homme.
-Si, sourit-elle en guise de réponse, « Lithium ».
-Ah oui, elle est belle je trouve, mais « Like You » est pas mal aussi, non ?
-Elle est plus triste..., soupira Lucie.
-A bon ? Fit Matthias étonné, je ne trouve pas.
-Arrête, traduit ça donne un truc dans le genre « Je désirerai être comme toi, allongée, froide dans le sol comme toi. Il y a de la place pour deux et je ne te pleurerai pas je viendrais te chercher».
-Ah ok, finalement je préfère Lithium, dis-moi, tu me la chantes ? Avec le piano ?
-Nan mais non, écoute non, il faudrait l'instrumental sans le piano et tout le tsoin-tsoin ...
-Bah je te cherche ça tout de suite sur le net !