-Fac de lettres, grommela-t-elle.
-Hey c'est au poil ça, tu écris ? Questionna Marc avec avidité.
-Ouais... Vaguement.
Elle fuyait le regard de Marc. Elle ne voulait pas parler d'elle, de ses soi-disant projets, car elle n'en avait pas. Il avait très bien compris à qui il avait affaire. Et savait que la partie serait rude, ne serait-ce que pour lui parler ouvertement, sans qu'elle se renferme. Il l'observa encore une fois. Dur de la regarder droit dans les yeux, elle les avait toujours détournés. Cette manie de se tordre et retordre les doigts l'énervait au plus haut point. C'est pour ça qu'il lui saisit les mains brutalement, peut-être trop.
-Tu poses tes mains ailleurs... Dit lentement Lucie
-Excuse-moi, mais je n'aime pas entendre tes os craquer !
-Dans ce cas là, n'écoute pas, répliqua-t-elle.
Elle se leva assez énervée, au même moment la sonnerie retentit. Marc eut un regard désolé en la voyant partir ainsi, ses longs cheveux balançant de droite à gauche. Tant pis, après tout ce n'est pas ses affaires. Il se leva à son tour, fit un signe de main à sa collègue de cuisine, et retourna au secrétariat. Il croisa Mr Sterne, le professeur qui avait renvoyé de cours Lucie :
-Dites-moi, La nouvelle, Lucie là, est-elle allée en surveillance ?
-Euh... Hésita-t-il quelques secondes, oui, oui elle était avec moi d'ailleurs.
-Très bien. Vous savez ces jeunes il faut les mater... A la dur, de mon temps...
A partir de ce moment, Marc avait complètement décroché. Ce discours, il l'avait maintes fois entendu, et le connaissait par c½ur. Même s'il était entièrement contre ces propos. Chaque individu n'est pas un numéro, mais un être a part entière. Chaque individu a sa manière d'avancer, et donc a des solutions proposées différentes. Mais n'étant qu'un simple surveillant, ses idées restaient au fin fond de sa tête. Il soupira en s'asseyant. Il se demandait si au bout du compte, avoir arrêté ses études était une bonne chose. Il trouvait qu'il avait été propulsé dans la vie sociale beaucoup trop tôt. Bien sûr, il aimait avoir cette indépendance, enfin son propre toit, gérer tout dans sa vie, mais il y avait comme une sorte de vide inexplicable...
Perdu dans ses pensées, il ne se rendit pas compte que Mr. Sterne lui demandait son avis. Du moins pas tout de suite...
-Je suis tout à fait d'accord avec vous monsieur ! décréta-t-il bêtement.
-Très bien, j'avais peur d'être trop sévère pour son premier jour, vous lui donnerez ça à la récré ?
Il regarda le papier, se demandant à quoi il avait donné confirmation... Il ouvrit de grand yeux quant il comprit. Lucie ne serait pas très joyeuse quand elle saurait qu'elle est collée... Il se passa la main nerveusement dans les cheveux. Ca lui apprendra à rêvasser et à ne pas écouter ce qu'on lui disait. Restait à l'annoncer à l'intéressée. Il soupira, se demandant ce qu'il faisait là. Il regarda d'un air songeur la pendule. 15h20... Il devrait donner le fameux bulletin dans juste 10 minutes. Soudain curieux, il voulu en savoir plus sur Lucie. Ayant la clé du tiroir contenant tous les dossiers, c'était simple...Il se glissa tel un voleur près du bureau administratif, et consulta le bulletin de colle pour savoir le nom de Lucie.
-Grant... Enfin !
Il avait cette manie de murmurer quand il se concentrait. Cette attitude lui avait valu quelques désaccords avec ces professeurs lors des rares examens qu'il avait passé. Voulant lire le dossier au calme chez lui, il le glissa dans son sac et partit ni vu ni connu. Dehors, quelques élèves étaient déjà sortis, le soleil pointait timidement, mais le froid était au rendez-vous. La sonnerie sordide retentie encore. Aussitôt l'habituel bruit de cavalcade dans les escaliers, suivi des jurons et éclats de rire proéminents habituels. Habituels. C'était le mot. Habituel comme cette ambiance, habituel comme cette grille qui s'ouvre et se ferme dans un couinement mécanique sinistre. Marc secoua la tête comme pour chasser une mauvaise idée. Il reconnut dans la masse la haute tête de Matthias. Il se dirigea vers lui, pensant que Lucie n'était pas loin. Il posa lourdement la main sur l'épaule frêle du jeune homme. Celui-ci grogna :
-Imbécile tu me ferais presque mal.
-Respecte tes aînés, ils ont le pouvoir sur toi, répliqua Marc.
-Ah ouais ? Et lequel ?
-Celui de te foutre deux heures de colles, triompha t-il.
-Ce qui serait de l'abus de pouvoir, déclara Lucie.
Elle venait d'arriver avec Sélene, regardant avec une certaine amertume Marc. Il lui donna le fameux papier sans rien dire, du bout des doigts, n'hésitant pas à la regarder droit dans les yeux. Celle-ci soutint son regard, et de ses mains fines déchira lentement le bulletin en grommelant quelque chose du genre « il peut se le mettre où je pense ». Elle mit les débris dans la main de Marc en souriant.
-T'es complètement folle décréta Matthias d'un ton sérieux.
-Je sais. Je me suis enfuie d'un asile de fous, les infirmiers me lançaient des piqûres dansle postérieur mais la graisse a amorti le choc.
Il éclata de rire en ramenant d'une main ses cheveux en arrière. Au même moment Enzo arriva, posant négligemment son bras sur l'épaule de Lucie. Il ressemblait à un jeune coq en bombant le torse ainsi. Lucie se dégagea vivement, le regardant avec mépris et dit d'une voix froide :
-Ton bras tu le poses ailleurs.
-Lucie Lucie Lucie, tu devrais te montrer a ton vrai jour, tu es belle, il ne peut pas s'y cacher un monstre, dit-il d'une voix suave.
Elle le fusilla du regard. Sélene ne disait rien, observant la scène avec intérêt. Il était clair que Lucie avait du caractère, mais elle savait qu'Enzo était têtu. Matthias, lui, voyait ces instants d'un mauvais ½il. Il trouvait l'approche d'Enzo beaucoup trop grosse, mais il devait l'avouer il avait une certaine classe. Pendant ce temps Marc était retourné à ses occupations. Un grand silence ce fit.
-Bon c'est bon on ne va pas s'arrêter à ça. Il est où Juan ? demanda Lucie
-Johan, repris en souriant Sélene, il à été retenu par le prof pour une soi-disant tentative de triche.
-Que c'est mignon de défendre son Chéri !
Elle fit un clin d'½il à Sélene, et sans un mot partit on ne sait où. Matthias la regarda, quelque peu admiratif. La plupart fondaient en entendant les mots d'Enzo, ou en regardant les yeux de Matthias. Mais elle, pas un sourcil levé. Envers Enzo, elle ne montrait que du mépris. Pendant que les autres parlaient de la future répétition, il regardait dans le vide. Cette fille, elle lui faisait penser à Elle. Si douce, si belle, si distante Leila. Lucie avait cette même manière de sourire. Il n'avait pas compris pourquoi Elle était partie si loin de lui. Aucune nouvelle, pas même une lettre, un message. Rien. Comme si tout avait été un rêve. Mais après tout...
-Pas de nouvelle, bonne nouvelle, dit-il à voix haute.
-Hein ? T'es à l'Ouest mon vieux
Il regarda Enzo d'un air morne, et partit à la recherche de Lucie. Il la trouva près de la sortie, toujours entrain d'écouter son MP3. Il s'assit à coté d'elle et attendit qu'elle enlève ses écouteurs pour lui parler.
-Demain aprèm' tout le monde se réunit au local, tu viens ?
-Euh... Ouais si tu veux. Par contre tu garderas ton portable allumé parce que me connaissant je vais me perdre.
-Ok. Mais pas de faux bonds hein ?
-A moins que d'ici demain je me fasse enlever par des extra-terrestres, ou que je meure écraser par un Godzilla, je viendrais.
Il sourit gentiment, pris sans demander un des écouteurs et écouta avec Lucie une balade italienne. Puis il reconnu les premiers accords de «Détruis-moi » et sourit de nouveau. La sonnerie retentit une fois de plus, il se leva et aida Lucie à en faire de même.
-Hey c'est au poil ça, tu écris ? Questionna Marc avec avidité.
-Ouais... Vaguement.
Elle fuyait le regard de Marc. Elle ne voulait pas parler d'elle, de ses soi-disant projets, car elle n'en avait pas. Il avait très bien compris à qui il avait affaire. Et savait que la partie serait rude, ne serait-ce que pour lui parler ouvertement, sans qu'elle se renferme. Il l'observa encore une fois. Dur de la regarder droit dans les yeux, elle les avait toujours détournés. Cette manie de se tordre et retordre les doigts l'énervait au plus haut point. C'est pour ça qu'il lui saisit les mains brutalement, peut-être trop.
-Tu poses tes mains ailleurs... Dit lentement Lucie
-Excuse-moi, mais je n'aime pas entendre tes os craquer !
-Dans ce cas là, n'écoute pas, répliqua-t-elle.
Elle se leva assez énervée, au même moment la sonnerie retentit. Marc eut un regard désolé en la voyant partir ainsi, ses longs cheveux balançant de droite à gauche. Tant pis, après tout ce n'est pas ses affaires. Il se leva à son tour, fit un signe de main à sa collègue de cuisine, et retourna au secrétariat. Il croisa Mr Sterne, le professeur qui avait renvoyé de cours Lucie :
-Dites-moi, La nouvelle, Lucie là, est-elle allée en surveillance ?
-Euh... Hésita-t-il quelques secondes, oui, oui elle était avec moi d'ailleurs.
-Très bien. Vous savez ces jeunes il faut les mater... A la dur, de mon temps...
A partir de ce moment, Marc avait complètement décroché. Ce discours, il l'avait maintes fois entendu, et le connaissait par c½ur. Même s'il était entièrement contre ces propos. Chaque individu n'est pas un numéro, mais un être a part entière. Chaque individu a sa manière d'avancer, et donc a des solutions proposées différentes. Mais n'étant qu'un simple surveillant, ses idées restaient au fin fond de sa tête. Il soupira en s'asseyant. Il se demandait si au bout du compte, avoir arrêté ses études était une bonne chose. Il trouvait qu'il avait été propulsé dans la vie sociale beaucoup trop tôt. Bien sûr, il aimait avoir cette indépendance, enfin son propre toit, gérer tout dans sa vie, mais il y avait comme une sorte de vide inexplicable...
Perdu dans ses pensées, il ne se rendit pas compte que Mr. Sterne lui demandait son avis. Du moins pas tout de suite...
-Je suis tout à fait d'accord avec vous monsieur ! décréta-t-il bêtement.
-Très bien, j'avais peur d'être trop sévère pour son premier jour, vous lui donnerez ça à la récré ?
Il regarda le papier, se demandant à quoi il avait donné confirmation... Il ouvrit de grand yeux quant il comprit. Lucie ne serait pas très joyeuse quand elle saurait qu'elle est collée... Il se passa la main nerveusement dans les cheveux. Ca lui apprendra à rêvasser et à ne pas écouter ce qu'on lui disait. Restait à l'annoncer à l'intéressée. Il soupira, se demandant ce qu'il faisait là. Il regarda d'un air songeur la pendule. 15h20... Il devrait donner le fameux bulletin dans juste 10 minutes. Soudain curieux, il voulu en savoir plus sur Lucie. Ayant la clé du tiroir contenant tous les dossiers, c'était simple...Il se glissa tel un voleur près du bureau administratif, et consulta le bulletin de colle pour savoir le nom de Lucie.
-Grant... Enfin !
Il avait cette manie de murmurer quand il se concentrait. Cette attitude lui avait valu quelques désaccords avec ces professeurs lors des rares examens qu'il avait passé. Voulant lire le dossier au calme chez lui, il le glissa dans son sac et partit ni vu ni connu. Dehors, quelques élèves étaient déjà sortis, le soleil pointait timidement, mais le froid était au rendez-vous. La sonnerie sordide retentie encore. Aussitôt l'habituel bruit de cavalcade dans les escaliers, suivi des jurons et éclats de rire proéminents habituels. Habituels. C'était le mot. Habituel comme cette ambiance, habituel comme cette grille qui s'ouvre et se ferme dans un couinement mécanique sinistre. Marc secoua la tête comme pour chasser une mauvaise idée. Il reconnut dans la masse la haute tête de Matthias. Il se dirigea vers lui, pensant que Lucie n'était pas loin. Il posa lourdement la main sur l'épaule frêle du jeune homme. Celui-ci grogna :
-Imbécile tu me ferais presque mal.
-Respecte tes aînés, ils ont le pouvoir sur toi, répliqua Marc.
-Ah ouais ? Et lequel ?
-Celui de te foutre deux heures de colles, triompha t-il.
-Ce qui serait de l'abus de pouvoir, déclara Lucie.
Elle venait d'arriver avec Sélene, regardant avec une certaine amertume Marc. Il lui donna le fameux papier sans rien dire, du bout des doigts, n'hésitant pas à la regarder droit dans les yeux. Celle-ci soutint son regard, et de ses mains fines déchira lentement le bulletin en grommelant quelque chose du genre « il peut se le mettre où je pense ». Elle mit les débris dans la main de Marc en souriant.
-T'es complètement folle décréta Matthias d'un ton sérieux.
-Je sais. Je me suis enfuie d'un asile de fous, les infirmiers me lançaient des piqûres dansle postérieur mais la graisse a amorti le choc.
Il éclata de rire en ramenant d'une main ses cheveux en arrière. Au même moment Enzo arriva, posant négligemment son bras sur l'épaule de Lucie. Il ressemblait à un jeune coq en bombant le torse ainsi. Lucie se dégagea vivement, le regardant avec mépris et dit d'une voix froide :
-Ton bras tu le poses ailleurs.
-Lucie Lucie Lucie, tu devrais te montrer a ton vrai jour, tu es belle, il ne peut pas s'y cacher un monstre, dit-il d'une voix suave.
Elle le fusilla du regard. Sélene ne disait rien, observant la scène avec intérêt. Il était clair que Lucie avait du caractère, mais elle savait qu'Enzo était têtu. Matthias, lui, voyait ces instants d'un mauvais ½il. Il trouvait l'approche d'Enzo beaucoup trop grosse, mais il devait l'avouer il avait une certaine classe. Pendant ce temps Marc était retourné à ses occupations. Un grand silence ce fit.
-Bon c'est bon on ne va pas s'arrêter à ça. Il est où Juan ? demanda Lucie
-Johan, repris en souriant Sélene, il à été retenu par le prof pour une soi-disant tentative de triche.
-Que c'est mignon de défendre son Chéri !
Elle fit un clin d'½il à Sélene, et sans un mot partit on ne sait où. Matthias la regarda, quelque peu admiratif. La plupart fondaient en entendant les mots d'Enzo, ou en regardant les yeux de Matthias. Mais elle, pas un sourcil levé. Envers Enzo, elle ne montrait que du mépris. Pendant que les autres parlaient de la future répétition, il regardait dans le vide. Cette fille, elle lui faisait penser à Elle. Si douce, si belle, si distante Leila. Lucie avait cette même manière de sourire. Il n'avait pas compris pourquoi Elle était partie si loin de lui. Aucune nouvelle, pas même une lettre, un message. Rien. Comme si tout avait été un rêve. Mais après tout...
-Pas de nouvelle, bonne nouvelle, dit-il à voix haute.
-Hein ? T'es à l'Ouest mon vieux
Il regarda Enzo d'un air morne, et partit à la recherche de Lucie. Il la trouva près de la sortie, toujours entrain d'écouter son MP3. Il s'assit à coté d'elle et attendit qu'elle enlève ses écouteurs pour lui parler.
-Demain aprèm' tout le monde se réunit au local, tu viens ?
-Euh... Ouais si tu veux. Par contre tu garderas ton portable allumé parce que me connaissant je vais me perdre.
-Ok. Mais pas de faux bonds hein ?
-A moins que d'ici demain je me fasse enlever par des extra-terrestres, ou que je meure écraser par un Godzilla, je viendrais.
Il sourit gentiment, pris sans demander un des écouteurs et écouta avec Lucie une balade italienne. Puis il reconnu les premiers accords de «Détruis-moi » et sourit de nouveau. La sonnerie retentit une fois de plus, il se leva et aida Lucie à en faire de même.